Je lui laisse donc...le clavier !
TENIR ET COURIR !
En ce 4 Novembre 2007 à Anduze dans le Gard, Claudy Benoit et son équipe de l'ACN Anduze ont organisé le fameux Trail Cévenol. Il s'agit d'une course-nature de 32 km à effectuer individuellement ou par équipes de 2. Le parcours, loin d'être plat (1080 m de dénivelé tout de même) se déroule sur des sentiers de randonnée et des pistes forestières. Le départ fut donné à Plan de Brie : la Foulée Lagardienne y était !
7 h 45 En arrivant à Anduze, Guy Masson et moi-même ne pensions pas affronter le froid ; nous y avons pourtant relevé 4° extérieur... froid et beau ! C'est déjà encourageant ! 400 coureurs venus de partout trottinent dans les rues d'Anduze malgré l'heure matinale. Nous aussi nous préparons à l'échauffement qui va nous réchauffer !
C'EST PARTI !
8 h 45 On nous annonce que le départ est imminent et nous rejoignons la ligne et là...quel départ et quelle première partie de course !
Il nous aura fallu, à mon compagnon Guy et moi-même, près de 40 minutes pour effectuer les 5 premiers kilomètres. Entre l'attente due aux rétrécissements, et l'escalade des côtes, ce fut l'enfer !
Cette première section sera très sélective. Les mollets en feu, je m'accroche à Guy Masson qui ne cesse de m'encourager et m'ouvre le chemin. Il contrôle mes descentes : « Ne double pas, reste derrière, la course est longue », tel est le mot d'ordre.
Ça y est, nous sommes à 500 m du lieu de transmission des relais (Traviargues), et mon équipier tire sa révérence, son « travail » d'accompagnant se termine là. Je vais devoir poursuivre seul les 16 derniers kilomètres....Je quitte (à regret !) Guy qui m'encourage en me criant un tonique : « Allez Franck, c'est tout bon !»
UN LONG MOMENT DE SOLITUDE !
Me voilà seul, désormais, pour affronter cette seconde partie qui, contrairement à ce que l'on m'avait annoncé, fut très technique et épuisante, surtout cumulée avec les 16 premiers kilo.... Heureusement, le parcours est magnifique et la nature, superbe, a revêtu ses plus beaux atours aux couleurs automnales. Je serre les dents. Il faut tenir et courir. Au 25e km, des bénévoles et des spectateurs m'encouragent : « Allez mon gars, plus que 7 km ! Bravo ! » Ca fait du bien, mais aïe aïe aïe, je suis maintenant assailli de crampes dans les mollets qui m'obligent à lever le pied. Ah, ces douleurs me font grimacer et transforment ma fin de course, dans ce cadre idyllique, en un chemin de croix. Il faut tenir et courir.
Je réalise en cet instant que les conseils de mon partenaire étaient fort judicieux : non, dans un trail, rien n'est acquis. On se sent bien, on voudrait accélérer, on se sent des ailes et puis hop, l'instant d'après, plus rien ne va, tout est remis en cause, et parfois même, c'est l'abandon, alors que 5 minutes avant, on se croyait indestructible. Dans ce genre de course, tout peut arriver, et il faut se montrer humble et prendre les kilomètres les uns après les autres. Tout est à gagner, à la sueur de son front, à la force du mollet, à la résistance de son mental, à la tentation, parfois, de jeter l'éponge et d'arracher ce dossard qui finit par nous peser sur la poitrine. Jusqu'au dernier mètre.
Mon périple n'est pas fini, et les crampes m'accompagnent tout le long de l'ascension du massif de Lacan, au passage du Marel, à la maison des Scouts, au château de Tornac, au mas du pont et à Fonfroid . Je ne sais plus comment poser mes pieds pour amortir les douleurs et gérer la contraction totale de mes muscles des jambes qui m'obligerait alors à finir en marchant. Je franchis enfin la ligne d'arrivée, heureux mais épuisé par toutes ces crampes qui m'ont, il faut le dire, un peu gâché cette fin de course...
Bon, il faut dire que c'est mon premier trail ! Je l'ai couru dans le cadre de ma préparation pour la mythique Saintélyon (raid nocturne de 65 km, la plus ancienne course longue distance utilisant les sentiers, créée en 1951 entre Saint Etienne et Lyon) que je compte disputer le mois prochain.
RESULTATS
Ma place est anecdotique, mon chrono également. Je ne les donne qu'à titre informatif. Ma fierté, c'est d'avoir terminé cette superbe course très bien organisée :
Sur les 273 individuels classés, je prends une 206e place au scratch et une 48e dans ma catégorie, celle des seniors hommes. Mon chrono s'est arrêté sur 03:41:29.
Le trail Cévenol ? Un trail digne de ce nom, où la devise aura été : « tenir et courir... » !
Tous les résultats :
http://j.champion.free.fr/Trail%20Anduze%202007.htm



