LA FOULEE DE LA TRUFFE

LA FOULEE DE LA TRUFFE

DIMANCHE 3 SEPTEMBRE 2006 "SUCCES POUR L'ACBP A LA 18e FOULEE DE LA TRUFFE"


Les féminines de l'A.C. BOURG PIERRELATTE n'ont pas manqué de flair : En venant s'inscrire pour participer à cette course, au nom évocateur de gastronomie, de terroir, et, n'ayons pas peur des mots, de bien vivre en Drôme Provençale, les gazelles bleues ont eu du nez ! Sous un soleil généreux, elles ont fait éclater leur talent !

VICTOIRES POUR LES FILLES SUR LA COURSE POPULAIRE

Dès 9 h, le départ de la course populaire longue de 6,5 km est donné, le ton aussi ! 51 coureurs et parmi eux, 9 acébépistes venus en voisins !

Aurélie Paul (25'19) n'a laissé à personne l'opportunité de monter à sa place sur la plus haute marche du podium...Et comme un bonheur ne vient jamais seul, elle est accompagnée de Mathilde Matton (28'04) qui prend une belle 3e place, 1ère dans la catégorie des Juniors.

La deuxième marche du podium scratch revient à la montilienne Amandine Ferrato, encore à court de forme après avoir été longtemps écartée des pistes et routes en raison de problèmes de santé récurrents.


DES GARCONS SUR LE PODIUM DES CATEGORIES


Olivier Renon (24'08), coach des confirmés de l'ACBP, a joué les chefs de file sur cette épreuve qu'il connaît particulièrement bien pour l'avoir déjà remportée. Il prend aujourd'hui une probante 4e place, 1er chez les V1, dans une course au niveau relevé. Jean Bernardin rentre en 8e position, 4e V1, Michel Benoit, le directeur sportif du club Drôme/Ardéchois s'adjuge une 11e place, 5e S ; Pascal Rouzé s'offre la victoire chez les V2 avec à la clé, une 12e place au scratch. Mano à mano au sprint pour deux acébépistes sur les derniers 100m, pour la plus grande joie des spectateurs : Franck Delannoy (de la Section Loisirs) qui termine 16e et prend, du coup une 6e place dans la catégorie des Seniors, position qui lui permettra de monter sur le podium des catégories (podium scratch sans cumul), et Bernard Audineau, 17e et 6e V1 à 1 seconde de son camarade de club ! Notre V3 André Debéthune (en petite forme ?), prend la plus mauvaise place dans sa catégorie : 4e ; il reste en bas des marches de la gloire !...Résultats des courses : 7 podiums pour neuf coureurs.


DOUBLE FEMININ SUR LA COURSE DES AS /95 classés

Chantal Baillon et Sylvie FAURE-BRAC reviennent en forme de leur séjour en altitude. 15 jours après les Championnats de France et en pleine préparation pour les Championnats du monde de montagne Master (23 Septembre 2006, en Suisse), le duo a fait, une fois encore, parler la poudre, en s'adjugeant le doublé aux deux premières places. Elles ont laissé leurs adversaires à plus de 7 minutes !

Chantal boucle les 15 km bien vallonnés et techniques dans les passages boisés, sous une chaleur tenace, en 1 h 01'57. Il ne s'agit pas de son record. Son coach, qui n'est autre que Sylvie, lui a conseillé de dérouler ses foulées et de ne pas trop forcer.Ce n'est pas à 15 jours d'un objectif majeur qu'il faut laisser des forces dans une course qui sert de support à un entraînement au seuil. Ce chrono lui permet de se glisser à une belle 11e place au scratch, dans une course dominée par Boujema El Marahi en 52'57.

Sylvie Faure-Brac, 15e au général, passe la ligne d'arrivée en 1 h 04'19, un peu éprouvée par la chaleur. Il faut dire que lorsqu'on a pris l'habitude de courir par des températures proches des 9/12°, il est difficile d'obliger son organisme à encaisser la surchauffe ! La 3e fille n'est autre que Muriel Ciavatti, de l'UMS : 30e scratch, en 1h11'20. La 4e est de l'ACBP, Magali Massaudet, 40e en 1 h12'45. Marie-Christine Périllon termine son parcours 50e, en 1h16'19. Louisa Drif, de retour sur la route après une entorse, n'est pas au mieux de sa forme. Elle boucle les 15 km à la 55e place en 1 h18'03, malheureusement moins en forme qu'en juin, où elle faisait partie de l'équipe de filles de montagne...Nul doute que Louisa va revenir au premier plan ! A noter la présence dans le peloton (fourni !) féminin de l'ex athlète de l'ACBP, Véronique Peyrol. A court de forme également, elle ne peut faire mieux que 58e en 1 h18'42; elle aussi a fait partie du "team montagne ACBP" et fut même médaillée de bronze aux Championnats de France de course de montagne avec Chantal et Sylvie, à Bellegarde dans l'Ain, en 2002.

Chez les garçons, Patrick Redon est 7e malgré une chute dans l'ultime descente technique, à 2 km de l'arrivée ! Il franchit la ligne le genou en sang ! Pas de chance pour lui, qui avait déjà chuté quasiment au même endroit lors d'une édition précédente ! Thierry Massaudet est 14e en 1 h03'49, Eric Serre 24e en 1h06'04, et Jean-Luc Périllon, 30e en 1h10'25.


Cette superbe course n'a pas le succès populaire qu'elle mérite. Ni la qualité de l'organisation, ni celle des athlètes présents n'est pas en cause, mais la masse manque ! Pourtant, "elle a tout d'une grande" : beau parcours, très nombreux points d'eau tout le long des 15 km, et un excellent ravitaillement à l'arrivée, récompenses gourmandes en nature, Foulées de la Truffe obligent ! (pas de primes). Une suggestion toutefois : il serait bien de commencer les courses par celle des AS, il fait toujours moins chaud à 9 heures qu'à 10 h et les coureurs de la populaire auraient moins de temps à attendre après la leur pour la remise des récompenses...D'autre part, le public, assis à l'ombre des arbres (avec le soleil et la chaleur, ça se comprend), n'est pas face au podium. Les athlètes récompensés ont devant un eux un espace vide ! Faut-il tourner le podium pour ajouter de la convivialité et ne pas récompenser les coureurs dans la quasi indifférence ? La date de cette manifestation est-elle bien choisie ? Beaucoup de coureurs ne sont pas rentrés de vacances, d'autres ont fait un brake pendant leurs congés ; la chaleur, encore trop présente à cette époque et à cette heure de la journée décourage t-elle les velléités de certains ? Cette course est à rapprocher de celle de Rochegude : La Roche Rude, (en mai), qui, elle, s'enorgueillit de près de 400 coureurs venus de partout. Le secret ? Peut-être la communication, plus facile à faire qu'en période de vacances...

L'an prochain, tous à la Foulée de la Truffe pour la 19e édition !!!

# Posté le lundi 04 septembre 2006 05:06

Modifié le lundi 04 septembre 2006 09:42

Championnats de France de course en montagne 2006

Championnats de France de course en montagne 2006
Chantal Baillon médaillée de bronze !

Chantal Baillon revient des championnats de France de course de montagne avec une belle médaille de bronze dans la catégorie Vétéran 1 femme. Elle prend une superbe 6e place au scratch !!! La victoire est à l'actif de l'inusable Isabelle Guillot, qui s'impose pour la 13e fois !!! Sylvie Faure-Brac, coach de Chantal, se classe 13e en V1.

A noter qu'actuellement, Chantal est 3e de la Coupe de France de montagne, Sylvie 8e. Belle performance de rentrer dans le top ten...


Résultats des France de Montagne pour les garçons de l'AC BOURG PIERRELATTE :

La meilleure perf est à mettre à l'actif d'OLIVIER RENON, qui franchit la ligne d'arrivée en 1h28'49 à la 125e place.

Luc Way, neveu de Chantal Baillon, non classé en CF, est classé en OPEN à la 70e place en 1 h52'19

Franck Delannoy, courageux athlète de la Section Loisirs de l'ACBP, non classé en CF, prend en OPEN la 81e place en 2h00'21 temps officiel.

CLASSEMENT PAR EQUIPE COUPE DE FRANCE :

L'Equipe des filles de l'ACBP, composée de Chantal BAILLON, Sylvie FAURE-BRAC, et Louisa DRIF, prend une 5e place en Coupe de France avec 2 victoires, au Val d'Azun et à Brive, plus une 3e place à Saint Nizier en moucherotte.
Dommage que les Gazelles bleues n'aient pas pu être en équipe pour les FRANCE, une médaille était à leur portée.

L'Or est revenue à l'équipe de filles d'ANNEMASSE, l'argent à l'athlé St Julien, le bronze pour Blagnac.

# Posté le vendredi 01 septembre 2006 05:18

Modifié le vendredi 01 septembre 2006 08:27

Le Chaberton

Le Chaberton
MARDI 8 AOUT 2006 (Soleil, fraîcheur)

À Le Chaberton

Il est 8 h lorsque nous quittons la voiture dans la fraîcheur de ce petit matin frileux (6°). Nous sommes à Montgenèvre, sur le parking de la route qui conduit au Village du Club du Soleil. Nous avons l'intention de monter en haut du Chaberton en courant ! Ce sommet culmine à 3131 m (c'est une des plus hautes cimes du briançonnais) et pour préparer la course des championnats de France de Courchevel, c'est important pour nous, de faire des séances à des altitudes élevées.

Un peu d'histoire :

Le pic du Chaberton était italien jusqu'en 1945, et les transalpins avaient arasé de 6 mètres la pyramide sommitale pour y installer 8 tourelles de béton (qui sont toujours en place) supportant des canons de gros calibre (qui n'y sont plus !).

En 1940, le fort Italien du Chaberton, perché au-dessus de Briançon fut une des préoccupations majeures du commandement français. Le Chaberton fut construit à partir de 1891. Il comprenait une caserne, surmontée de 8 tours d'artillerie. Chaque tour était armée d'un canon. Les français construisirent un observatoire cuirassé dans le fort Maginot du Janus ainsi que deux observatoires de campagne pour surveiller le Chaberton. Quatre positions de campagne pour mortier furent établies à contre-pente. Deux pièces étaient installées au Poët Moran et les deux autres à l'Ayrette, hors de vue des observateurs italiens.

Le 21 juin 1940, les quatre mortiers ouvrirent le feu sur le Chaberton. Le temps était nuageux, profitant de chaque éclaircie, les observateurs réglèrent le tir sur les tourelles du fort. Le téléphérique du Chaberton et tous les autres furent détruits. Les Transalpins tentèrent de riposter mais les tourelles furent très vite endommagées.Du côté Italien il y avait neuf tués et une cinquantaine de blessés et brûlés ; aucune perte à déplorer du côté des Français !

Mais, trêve d'Histoire ! Nous remontons le Vallon des Baisses, autrefois appelé le Rio Secco, de notre petite foulée tranquille, il faut bien s'échauffer avant les choses sérieuses. Le large sentier est en sous bois, balisé rouge et blanc, aux couleurs du GR 5 (traversée des Alpes). La pente n'est pas trop raide, et j'arrive encore à rester à la hauteur de Chantal. Plus pour très longtemps je le crains, car nous avons 1300 m de dénivelé à avaler pour rallier le sommet et qu'il va bien falloir les prendre quelque part !

Si c'est au pied du mur qu'on voit le maçon, c'est au pied de la montée qu'on voit les vrais coureurs de montagne. Nous quittons le GR, traversons le Rio Secco (complètement secco, d'ailleurs) dont le lit est encombré de pierres. Il faut être bien attentives à l'endroit où l'on doit mettre les pieds sous peine de sanction immédiate. Nous rejoignons l'abri des 7 fontaines à 2253 m. Le refuge est plus que spartiate : il est vide de tout meuble, mais, malheureusement rempli de détritus !

Là, maintenant, la terrible pente du col du Chaberton se dresse devant nous aussi abrupte qu'un rempart. Le dénivelé, il est là !!! Nos chemins se séparent avec ma partenaire qui m'abandonne à mon triste sort. Façon de parler car, ici, malgré les efforts qui m'attendent je me sens comme un poisson dans l'eau, euh, comme un chamois dans un éboulis ! Chantal m'épate, vraiment ! Je ne sais pas comment elle réussit à courir dans ce sentier, non seulement très raide, mais en plus très glissant, car encombré de petits cailloux qui font glisser les semelles des chaussures aussi sûrement que des peaux de bananes ! Des éboulis, très difficiles à négocier pour moi...Nous remontons à grande vitesse (!) de nombreux randonneurs partis bien plus tôt que nous. Ils marchent l'échine pliée en deux sous le poids de gros sacs à dos, la main sur une canne ou un piolet, engoncés dans des anoraks bariolés. Peut-être confondent-ils le sommet du Chaberton avec l'Himalaya ? Ils nous regardent les dépasser les yeux exorbités d'étonnement. Il y a beaucoup d'italiens et les Ciao, buon giorno fusent à chaque rencontre ! Des encouragements aussi ! Brava ! Campionissima ! Ca me coûte de répondre, mais je suis polie ! Entre deux halètements, je souris, et ciao, io sono un po premuta ! (je suis un peu pressée).

Le sentier se perd par moment dans les éboulis poussiéreux, mais je ne m'en préoccupe guère car je fonce droit dans la pente en prenant tous les raccourcis possibles. Si je veux limiter mon retard, je n'ai pas d'autre option ! C'est dur, mais ça me plait ! Si je veux m'arrêter, je peux le faire, sans avoir peur qu'une concurrente ne me passe...Chantal, par je ne sais quel miracle, continue de courir. Qui lui a raconté que les tourelles du sommet étaient en chocolat !

Certains passages sont délicats et réclament toute mon attention, ainsi que l'usage de mes mains (un peu d'escalade, ça change !). Je lève la tête et aperçois Chantal au col en grande discussion avec un groupe de randonneurs qui, certainement sont interloqués d'avoir vu apparaître dans leur champ de vision une gazelle blanche (couleur de son tee shirt), espèce très rare dans ce biotope ! A mon tour je parviens à hisser ma carcasse à 2674 m. Une dame me dit : "C'est bien, vous êtes seconde quand même !" Ma fierté m'empêche de lui dire que nous ne sommes que deux ! Je récupère rapidement, comme les enfants ! Maintenant le sentier bifurque à droite, et de grands lacets attendent nos foulées. Comme j'en ai l'habitude, je prends au plus court, dans les raccourcis. Je dois m'accrocher becs et ongles dans certains pour ne pas me retrouver au col !!! Descendez, on vous demande ! Je perds tellement de temps que je m'interroge sur le bienfondé de mon itinéraire. Gagné-je finement autant de temps que cela. Je retrouve les lacets, où je cours un peu pour me détendre les jambes. Je consulte mon G.P.S.: 3000m, j'y suis presque ! J'arrive à faire quelques foulées à cette altitude. Le souffle me manque pour aller vite.

Chantal est déjà au sommet, bras écartés comme Leonardo Di Caprio dans le film de James Cameron : le Titanic. "Io sono la regina della montagna !". 3131 m LE SOMMET ! 1h31. Temps de Chantal 1h20 ! Ai-je limité les dégâts ? Le froid est vif et j'enfile le sweat que je transporte dans mon Camelback, je croque une barre énergétique. Je l'ai bien méritée...La vue est superbe à 360°. On domine Montgenèvre, Clavière, Briançon, Cesana Torinese, la station de ski de Sestriere, et au loin, sur écran géant les Ecrins, le Pelvoux, le pic de Rochebrune etc. Le temps de faire quelques photos et nous plongeons dans une descente folle ! Nous croisons nos randonneurs du col qui montent lentement. Une dame dit : "Già di ritorno !" Eh si ! Pas le temps de papoter ! La pente me propulse en avant, peut-être plus vite que je ne le voudrais parfois. Chantal tempère mon enthousiasme ! Une chute serait mal venue ici. Mais, la descente, c'est mon grand plaisir ! Je fonce, je vole, je saute, je glisse, je me rattrape...

Retour sur le parking après 2 h24 de séance...et plus de 15,5 km !

Aujourd'hui, il y avait bien sur la montagne, deux personnages en quête de hauteur !

# Posté le jeudi 31 août 2006 13:38

Modifié le lundi 30 octobre 2006 07:00

Le défi du Granon

Le défi du Granon
DIMANCHE 5 AOUT 2006 (Soleil, fraîcheur et vent en altitude)
8 heures, direction Chantemerle où nous récupérons nos dossards. Nous reprenons la voiture pour Saint Chaffrey car, comme l'an dernier, le départ (fictif) aura lieu devant la gendarmerie. A l'échauffement, je repère mes futures adversaires : Isabelle Grenier, Maria Fornelli (annoncée comme une des favorites, membre de l'équipe d'Italie, Anna Garelli (vice-championne du monde de montagne), Alessandra Bianco (qui m'a déjà réglé mon compte la semaine dernière), Jana Mostecka (membre de l'équipe de la République Thèque pour les Europe 2006), Chantal Baillon, avec le palmarès que l'on sait ! Toutes ces filles ont un palmarès de haut niveau : je suis la première coureuse non-élite !!! !

Au programme, 12 km de montée et pas de descente ! Le chrono démarre au bout de la ligne droite de Saint Chaffrey aux alentours de 10 h 05, quelques minutes après le départ des cyclistes. Il y a un départ fictif et un départ réel, sans neutralisation des coureurs, comme l'an dernier. Comme je m'en suis doutée, j'ai envoyé Chantal aux avant-postes, histoire qu'elle ne prenne pas 100 m dans la vue dès le départ !!! La course est partie, dans le prolongement du footing, moi, je n'ai pas accéléré : je suis déjà à ma vitesse de compétition ! Il faut dire que la pente est tout de suite raide (7%). Je fais course commune avec la Thèque Jana Mostecka pendant les deux premiers kilomètres. Puis, sans à-coup, elle me décroche, à moins que ce ne soit moi qui décroche toute seule ! Anna Garelli, restée prudemment à son rythme en ce début de course me crucifie de sa foulée rase-motte, mais terriblement efficace ! Magnanime, je l'encourage même ! Je vois la transalpine revenir sur la Thèque et la laisser sur place (je comprends pourquoi, elle a un tel palmarès ! Surtout à son âge : elle a quand même 52 ans !!! Fichtre, la course de montagne, ça conserve.Quant à moi, je connais mon niveau, je prends mon mal en patience, mon rythme de croisière (qui ne s'amuse pas !), à environ 9 km/h (j'ai un G.P.S. Garmin au poignet, qui joue les délateurs). En prenant de l'altitude il y a tellement de vent que je suffoque par moment, et dois me résoudre à ralentir pour attendre un groupe, plus lent, mais à l'abri duquel je vais pouvoir m'abriter (c'est bien la peine d'avoir fait tant d'efforts pour gagner du temps au début !) . Il y a deux ans, la canicule, l'an dernier et cette année, on doit courir face à un ventilateur !

Et allez, la pente s'accentue encore à l'approche de Villard-Laté (9,5 %). Je ferme les yeux, et cours en aveugle...le temps passe plus vite, et j'ai l'impression de m'échapper de cette course, de cette souffrance. J'ouvre les yeux régulièrement, histoire de ne pas accrocher les talons du coureur qui est devant moi ! Il n'est pas bien gros, mais me protège un peu des rafales ; je me baisse le plus possible pour ne pas offrir trop de prise au vent. Heureusement, il fait moins froid que l'an dernier, où il neigeotait au sommet quelques minutes avant l'arrivée des premiers concurrents. De temps en temps, à la faveur d'un virage, je relaye le leader en relançant. Dernière moi, le groupe s'organise, toujours en file indienne ! Notre lente progression nous mène aux Tronchets où un bon 11 % nous fait plier l'échine. Bon Dieu, qu'est-ce qu'on fait là ? se demande tout fort, une des victimes du Granon. Sans doute serait-il mieux à la pêche avec son beau-frère ! Je guette les bornes qui jalonnent l'itinéraire. Je les cherche des yeux dans la montagne, plus que 5 km, plus que 4 km...Nous rattrapons des cyclistes à la dérive, qui zigzaguent dangereusement devant nous, coupant la route, visitant les bas-côtés. C'est sûr, leur compteur affichera plus de kilomètres qu'ils auraient dû en faire ! Certains poussent le vélo à la main, pliés en deux pour lutter contre et le vent et la déclivité de la pente, le nez sur le cadre, les mains sur le cintre. Ils accomplissent comme nous leur chemin de croix, mais la chance que nous avons par rapport à eux, c'est qu'on n'a pas besoin de pousser une machine en plus de notre propre corps ! Quand je pense que certains croient que nous courons pour notre plaisir !!! Moi, j'vous l'dis le VRAI plaisir, c'est quand je passe la ligne d'arrivée ! Dans des épreuves comme celle-là, ma fierté, c'est de l'avoir fait, alors que PERSONNE ne m'y a obligée ! On est un peu maso, nous, les forçats de la pente !

Cette course n'en finit plus. Comme les kilomètres semblent longs, lorsqu'il y a autant de dénivelé ! Des spectateurs m'encouragent. Ils sont toujours surpris de voir des féminines sur les compétitions, au milieu de pelotons majoritairement masculins !

2000m, 400 m de dénivelée ??? Vivement qu'on arrive. Je regarde le paysage pour passer le temps. A ma droite, le massif des Ecrins...Des sommets qui me sont familiers....Nous arrivons au dernier ravitaillement. Je suis tentée d'en faire l'impasse, car je n'ai pas soif ; néanmoins, nous sommes en altitude, avec un air sec.L'hyperventilation, et la transpiration menacent de déshydratation l'imprudent qui ne boirait pas pendant une telle course. J'ai l'intention de perdre le moins de temps possible. Je me suis suffisamment arrêtée dans les points d'eau situés plus bas. J'attrape au vol un gobelet, prends le virage à la corde et quitte mon petit groupe de wagonnets ! Heureusement, maintenant, le vent me pousse, c'est déjà ça, et je suis comme le cheval qui sent l'écurie. Le final de ce Défi est moins dur que la semaine dernière (14% au Noyer, contre "seulement" 12% ici.) J'ai mes repères depuis le temps que je viens ici et reconnais au loin les barrières qui indiquent le dernier kilomètre...Une douleur vive me foudroie l'aine gauche au même endroit que l'an dernier ! J'enfonce mon poing gauche dans le pli. Je ne vais quand même pas me mettre à marcher et me faire remonter par le gruppetto que j'ai lâchement abandonné à son triste sort ! Ils rigoleraient bien ! Heureusement, j'aperçois au loin la ligne d'arrivée juste après les casemates du fort.

1 h 18'45 au col du Granon ! Le même chrono qu'en 2005! J'aurais voulu le faire exprès que je n'aurais pas pu !!! J'ai froid. Je me dirige vers la table de ravitaillement, où je retrouve Chantal en train de se restaurer copieusement ! Je ne m'attarde pas (après avoir ingurgité : un sandwich au jambon/tomme de montagne, une compote et deux verres de jus de fruits, et deux d'eau), je monte rapidement dans la navette pour me changer ! Chantal me suit et m'annonce son temps : 1 h 08 et des poussières ! Comme au Noyer, elle est deuxième derrière Isabelle Grenier. Mon idée première était de redescendre par les chalets du Granon...mais, j'ai froid, et mes jambes refusent tout net de me rendre service ! Désobéissance pardonnée, elles ont des excuses. Au départ, elles n'étaient pas tellement d'accord pour monter jusqu'ici à plus de 2400 m ! Finalement, j'ai insisté, et généreusement elles ont accédé à ma demande...Un caprice ont-elles pensé !!!

Le retour se fait en stop. Nous sommes descendues par Pascal Bertrand et sa compagne.

La remise des récompenses ne s'effectuant que dans l'après-midi, nous rentrons à la Chambarde pour nous doucher et refaire le plein d'énergie.

15 h place du téléphérique, à Chantemerle, les 5 premiers hommes et 5 femmes de la course escaladent le podium scratch. Résultats : 1ère Isabelle Grenier, 2e Chantal, 3e la Turinoise Maria Fornelli (un peu désappointée ?), 4e Anna-Maria Garelli, 5e Jana Mostecka.

Les organisateurs récompensent également les premiers et premières de chaque catégorie, sans faire de cumul. Je m'offre donc, la première marche du podium V1; c'est déjà ça !!! Coupe, bouteilles, tee-shirt, sac à chaussure, etc...tous ces cadeaux saluent les efforts concédés au Granon ! Je ne les ai pas volés !

Jeannie Longo l'emporte chez les féminines de la course cycliste. Notre copain Ardéchois, Nicolas Pasquion prend une belle deuxième place derrière Franck Lelut.

# Posté le mardi 29 août 2006 11:23

Le Défi du Noyer

Le Défi du Noyer
DIMANCHE 30 JUILLET 2006 (Soleil, canicule)
À Le défi du Noyer

Réveil à 5 h 30 pour un petit déj' de compétition ! Aujourd'hui nous partons pour le village de Poligny dans le Champsaur. (Itinéraire Via Michelin : 1H50, par Gap, le col Bayard).

Nous arrivons vers 8h45, le bourg est envahi de monde ! Des cyclistes, des coureurs à pied qui s'échauffent déjà, des chiens qui aboient (mais, heureusement pas de caravanes qui passent !). Impossible de se garer près du départ de la course. Nous devons laisser la Brava dans un champ après qu'elle eut cédé la priorité aux vaches qui se baladaient d'un pré à un autre en se moquant pas mal de toute l'agitation qui règne aujourd'hui sur leur territoire !

Il s'agit d'une épreuve un peu particulière qui permet à la fois aux cyclistes et aux coureurs à pied de participer à la même course. Sauf que les deux roues partent 5 minutes avant les coureurs à pied (et pourtant, on en rattrape !). Le défi est organisé par l'ASPTT de Gap, la distance est de 11 km et la dénivellation cumulée d'environ 700 m.

Pendant l'échauffement nous retrouvons des têtes connues : notamment Isabelle Grenier et Evelyne Mura. Deux anciennes athlètes de haut niveau que nous connaissons bien.Pour nous, cette compétition n'est qu'un entraînement, pas une fin en soi. Il s'agit de faire du cumul de dénivelé...avec le caractère ludique d'une course (sans compter les ravitaillements bien pratiques !). Nous n'avons guère fait de jus cette semaine et les jambes vont bientôt s'en ressentir !

Le départ a lieu à 10 h devant la mairie de Poligny et l'arrivée jugée au Col du Noyer à 1664 m d'altitude. Avec cette chaleur, la course va être très dure, malgré les points de ravitaillement ! Le peloton n'est pas très fourni, mais la qualité est bien là, autant chez les garçons (présence des deux frères Burrier, qui évoluent en équipe de France de montagne...), que chez les filles. Un plateau sacrément relevé pour une course de village qui a lieu dans un coin qu'on a peine à trouver au GPS ! Le parcours est uniquement sur route bitumée, qui serpente au milieu des champs.

Ca y est c'est parti après le rituel décompte...Les premiers kilomètres sont effacés rapidement avec des alternances de plat, et de descente. Quand je pense à ce qu'on va devoir remonter !!! Ce profil favorise forcément une course rapide et un écrémage régulier; les patrons ont déjà pris les commandes. Je pars derrière Chantal à vive allure (sur du plat !); au deuxième kilomètre ma montre GPS affiche une moyenne de 15, 5 km/h. Ca va pas durer ! Avant le départ, un gars nous a prévenues : la course ne commence qu'au 6e km, avant, c'est de la balade. Pourtant, moi, dès les premières pentes, je ne me balade déjà plus ! Isabelle Grenier me passe en m'encourageant, je la trouve affûtée comme une lame de rasoir...Je la vois qui rejoint Chantal. Pour qui la victoire ? Puis, c'est au tour d'Evelyne Mura de me montrer son dos. Elle me dit :"Vas-y, accroche-toi !". A vélo, c'est possible, pas en course à pied. Aucun phénomène d'aspiration ne peut m'entraîner à aller plus vite que mon niveau ne me le permet...Pas de drafting ! Je lui réponds dans un souffle d'asthmatique : "J'suis déjà à fond !" Pas de pitié pour les Zéros ! Je la vois se joindre au trio de tête ! Sans moi !!! La pente s'accentue maintenant, la chaleur me terrasse, j'ai l'impression d'avoir des jambes de plomb. Je n'arrive plus à avaler ma salive. Et allez, encore une qui me passe. C'est pas bientôt fini, oui ? Celle-là, c'est une italienne, Alexandra Bianco. Je la regarde trotter avec facilité, là où je suis tentée de marcher !

Il reste encore 5 km. Les plus durs. Les gobelets d'eau offerts aux ravitaillements sont les bienvenus dans mon gosier desséché et sur ma tête en ébullition ! Julia Combe, une petite jeunette de 21 ans me dépasse à son tour. Plus de respect pour les aînées ! Je tente bien de résister et me colle à sa foulée, mais sans y parvenir....Elle titube par moment, pourtant...je ne peux tenir son rythme... Elle me collera 44 secondes à l'arrivée. Je fais route, maintenant avec un partenaire venu courir en voisin, il habite à Saint Bonnet, et porte le prénom original de Donald ! Je cours derrière, devant, à côté de ce garçon pendant au moins 4 km; dès que l'un entre nous deux perd du terrain l'autre se retourne et l'encourage ! Je suis obligée de l'abandonner à 500 m de l'arrivée. La pente dont l'inclinaison diabolique est inscrite sur le goudron fumant indique 14%. Cela a dû avoir raison de son courage. Je l'aperçois dans le dernier virage avant l'arrivée. Le pôvre, il est en contre bas, le buste parallèle à la côte, le souffle court. Je me penche par dessus le parapet et lui crie de s'accrocher, qu'on est arrivé. Il me fait signe de sa tête dodelinante. Nous nous reverrons à l'arrivée pour nous étreindre en nous remerciant mutuellement... Sympa la solidarité entre coureurs ! Mon chrono affiche : 1 h02. Chantal vient vers moi. Je lui demande entre deux halètements si elle a gagné. Elle me répond par la négative...Isabelle était supérieure aujourd'hui. Sans doute, plus fraîche (pourquoi, mademoiselle Baillon, elle, était-elle défraîchie, comme une vieille salade oubliée au fond d'un cageot ???). Bien que m'y attendant un peu, je suis quand même déçue pour elle. Et pour son coach. On s'habitue à la victoire. Après Brive, Cauterets, Luchon, on ne peut pas être en forme tout le temps !

La table de ravitaillement à l'arrivée est prise d'assaut par les athlètes épuisés, affamés et surtout assoiffés ! Je bois coup sur coup trois verres d'eau, m'en verse autant sur la tête, histoire de me rafraîchir...les méninges ! Quelques photos plus tard, nous prenons une navette qui nous ramène à notre point de départ. A noter que dans les premiers lacets, nous croisons des coureurs, pédestres et cyclistes qui n'ont pas terminé leur épreuve...Ils en bavent au propre comme au figuré. Je les regarde aller jusqu'au bout de leur effort. La voiture balai ferme la marche juste derrière les talons du dernier qui marche dans cette partie la plus pentue du parcours...Nous, nous sommes déjà en train de redescendre...

12h : Les organisateurs ont bien fait les choses et nous sommes invitées ainsi que nos congénères à prendre un plateau-repas fort copieux comprenant salade, lasagnes, flan pâtissier, pomme et Sangria (pas pour nous !).

Il fait très chaud, et après nous être restaurées, comme la remise des récompenses ne doit avoir lieu qu'à 14 h30, nous prenons la voiture pour nous trouver un café ouvert (chose rare apparemment dans le coin !!!). Nous nous rendons au village de Saint-Bonnet en Champsaur, capitale historique de la vallée du Champsaur; c'est un des rares bourgs médiévaux des Alpes françaises, d'ailleurs considéré comme étant un des plus beaux villages des Alpes ! Nous n'aurons guère le temps de le visiter, seulement de nous asseoir à la terrasse d'un bistro pour boire un café (Chantal qui est au régime, se contentera d'un double Magnum au chocolat !).

A 14 h15 retour à Poligny. Nous assistons à la remise des prix pour les épreuves de Cani-Cross qui avaient lieu en même temps que notre course pédestre.

Le canicross est une discipline qui associe dans un même effort sportif, la course à pied (ou le VTT), un chien et un humain. Le règlement est simple, aller le plus vite possible en respectant impérativement l'allure de l'animal et l'animal lui-même. Si le chien ne veut plus courir ou ralentit, le maître doit s'arrêter ou ralentir, il est INTERDIT de le forcer à courir en le tirant sous peine de mise hors course immédiate. Le chien est muni d'un harnais, il est relié à son maître par une sangle élastique d'environ 2 mètres, extensible, attachée à une ceinture lombaire (pour amortir les chocs). Ce matin, nous avons regardé un instant quelques couples : le maître et le chien qui le tirait dans une montée bien raide. Le coureur semblait voler au-dessus de l'herbe !!!Mon rêve, me faire tracter comme ça dans les montées : Royal ! Il faut que j'en parle à Chantal, je la verrais bien un harnais autour de la taille en train de me tirer dans les côtes !!! Je ne suis pas sûre qu'elle soit d'accord. D'ailleurs, dès que je lui fais part de mon projet, qu'elle juge sans doute démoniaque, elle laisse tomber ces mots : "tu peux toujours courir !!!". Bilan, Chantal 1ère V1 (2e de la course), moi, 3e V1. Je me satisfais de ma place dans ma catégorie !

# Posté le mardi 29 août 2006 11:15