Après un été bien chargé en compétitions (9 en 2 mois...), je renonce ce dimanche 2 septembre à accrocher un dossard sur mon maillot. Aujourd'hui, point de stress, seul le plaisir de courir en montagne va m'animer. Le programme du jour sera une rando-course dans le massif du Vercors : Le tour du Plateau d'Ambel par la Tête de la Dame.
La Tête de la Dame est l'un des sommets les plus méridionaux du massif du Vercors. Elle constitue la bordure Sud de l'immense plateau d'Ambel dont le tour représente quand même 20 km et offre 805 m de dénivelée cumulée. Les randonneurs peuvent scinder leur sortie en deux journées grâce à la présence des refuges de Tubanet et d'Ambel, mais l'isolement de la région doit être gardé à l'esprit, particulièrement en cas de mauvais temps, car il serait aisé de tourner en rond au milieu des vastes alpages jusqu'à l'épuisement. Ce ne fut pas le cas dimanche, le ciel était parfaitement dégagé et aucun nuage n'a eu l'outrecuidance de venir perturber la fête. Quant à ma vitesse de déplacement en rando-course, celle-ci me met à l'abri de devoir en trouver un ! Bref, ce tour du plateau d'Ambel a été un fabuleux voyage aux portes de la Provence qui aura duré 2h11...A noter que le Plateau d'Ambel fut le 1er Maquis de France en 1942.
Sérénité, lumière, solitude, et liberté au rendez-vous...
C'est un peu par hasard que j'ai choisi cette randonnée, et je ne le regrette pas ! C'est vraiment ce qu'on peut appeler un "spot" ! Pratiquement tout l'itinéraire peut se faire en courant. Seules quelques buttes ralentissent mes foulées, m'obligeant à marcher...Rien d'insurmontable, car au c½ur d'un pli calcaire du Vercors, le plateau d'Ambel est constitué de vastes pelouses et d'une mosaïque de clairières et forêts.
Le soleil se lève sur les préalpes, une lumière blonde illumine l'atmosphère irréelle qui règne ici à près de 1500m d'altitude. L'air est transparent, et seule une très lègère brise chante dans quelques hautes herbes qui dansent dans le souffle du vent. Je suspends ma foulée et m'arrête en haut d'une crête, mon regard embrasse le Diois en contrebas d'une immense falaise. Les battements de mon coeur se font plus calmes, l'instant m'appartient. Le sentiment de communier avec le nature à ce moment précis m'envahit et mon esprit s'évade...
Un rendez-vous de toute éternité m'attendait ici sans que je n'en susse rien.
Itinéraire :
Départ du col de la Bataille (1313m). Là, une large piste 4X4 permet de rejoindre le plateau d'Ambel. On découvre alors émerveillé en parvenant au Pas du Gouillat (1328m) des prairies bordées de forêts coupées par un large chemin..Un décor de carte postale... C'est la bordure ouest du Plateau d'Ambel; à mes pieds s'étend la vallée de la Gervanne.
Je continue mon voyage en longeant le sud, une pente relativement régulière le long d'une clôture de pâturage pour arriver ébouriffée à la Tête de la Dame, point culminant de ma sortie (1506m). Un panorama somptueux me récompense de mes efforts : à l'est, les Hauts Plateaux du Vercors, la montagne de Glandasse, le Grand Veymont, la Grande Moucherolle, au loin l'Obiou, le Grand Ferrand, les Baronnies, les falaises d'Omblèze. Je prends le temps de souffler en plongeant mon regard sur ces horizons qui m'appellent en silence. Maintenant une belle descente m'attend jusqu'au Pas de Rouisse (1407m) et toujours en bordure du plateau, j'atteins la bergerie de St Julien en Quint (1402m). Le lieu est propice à une pause "réhydratation".
Mon sentier se perd alors dans une draye à travers les hautes herbes et se poursuit en une enfilade de crêtes jusqu'au Pas de la Ferrière (1456m). Là, un nouvel arrêt s'impose : un fruit et quelques noisettes me premettront de reprendre des forces avant de poursuivre mon chemin vers le nord, cette fois en direction du bois. J'emprunte le GR93 pour gagner le Pâturage de Tubanet et le refuge éponyme (1337m).
Là haut sur la montagne, y avait un vieux chalet...
Il s'agit d'un chalet très spacieux (22 places), construit "en dur" sur trois niveaux, très propre et pratique. Propriété du Conseil Général de la Drôme, il est inspecté régulièrement pour vérifier la bonne tenue des lieux. D'ailleurs, j'y croiserai un garde forestier. En hiver il est très utilisé par les mushers.
Je reprends ma route en suivant maintenant un chemin assez boueux, qui s'enfonce davantage en forêt. Je débouche alors dans la belle prairie de la combe de Louvaterre d'où la vue sur le Roc de Toulau est superbe. Il me faut remonter désormais le versant d'en face, si je veux parvenir au refuge d'Ambel (1222 m). Je n'irai pas le visiter car des randonneurs sont dehors, attablés, l'opinel ouvert : c'est l'heure du déjeuner ? Le temps passe vite ! Moi aussi mon "midi" m'attend à ma titimobile !
Un dernier effort me permet de remonter le GR 93 qui me mène en une dizaine de minutes au Pas du Gouillat (1328 m). Là, je retrouve sur la large piste 4x4 que j'ai empruntée deux heures plus tôt. Ce chemin en balcon est très agréable et je déroule tranquillement ma foulée jusqu'au Col de la Bataille, il est un peu plus de midi lorsque je rejoins ma voiture.
Voici donc une randonnée à faire d'urgence et à refaire...